Accaparement des terres en Afrique: la cause profonde

Le débat sur l’accaparement des terres est devenu source de contentieux, et ses effets continueront d’être au centre du débat à moins qu’un effort résolu ne soit engagé pour résoudre ce problème majeur à sa source.
En Afrique, la terre intéresse particulièrement les investisseurs étrangers pour diverses raisons. Les terres arables y sont plus abondantes que dans leurs propres pays, généralement relativement moins chères, et le climat est idéal pour les cultures alimentaires et celles destinées à la production de biocarburants. C’est pourquoi on assiste à une ruée pour acquérir des terres africaines afin de garantir l’alimentation de pays à forte densité de population où l’accès à la terre est limité ; pour les industries minières et cotonnières ; et afin d’y produire des biocarburants.
L’apparente facilité avec laquelle les investisseurs sont capables d’acquérir des terres est alarmante, et il faut absolument s’attaquer à ce problème. Il serait avisé d’examiner comment les investisseurs étrangers peuvent acquérir de vastes étendues de terres plutôt que de chercher à attribuer la responsabilité de ce phénomène à certains secteurs industriels spécifiques. Une étude plus approfondie des systèmes de régimes fonciers africains souligne des faiblesses évidentes. Celles-ci comprennent l’absence de droits fonciers garantis ; un déficit en termes de cadres fonctionnels et institutionnels cohérents ; le non-respect de la transparence de la part des intervenants tout au long des transactions foncières ; le manque de consultations des communautés concernées, et l’application irrégulière des règles concernant les évaluations de l’impact au niveau social et environnemental. Ces faiblesses permettent aux investisseurs étrangers d’acquérir les terres qu’ils souhaitent sans avoir à assumer la responsabilité des conséquences sur les populations locales.
Il faut traiter la cause de ce problème : les systèmes de régime foncier doivent être renforcés et mis en place correctement. Ceci passe nécessairement par une plus grande coordination et des coûts plus élevés parmi les diverses parties prenantes.
Les gouvernements doivent mettre en place un plan d’aménagement du territoire plus exhaustif. Les droits fonciers pourraient être renforcés grâce à des systèmes d’enregistrement, tandis qu’une amélioration du suivi et de l’application des lois et des investissements permettrait de fournir une structure cohérente aux transactions foncières. En outre, un effort accru pour garantir la transparence tout au long des transactions permet le contrôle du public.
Les investisseurs sont tenus de connaître les systèmes de régime fonciers locaux, de s’informer des faiblesses potentielles et de les éviter. L’efficacité des évaluations d’impact est essentielle et doit être une priorité. Les investisseurs doivent adhérer à des systèmes de certification pour assurer leur engagement à contribuer durablement au développement. Il incombe à la société civile de travailler avec les groupes locaux pour les former et les soutenir, et les appuyer dans leurs revendications sur les terres, tout en assurant que les investissements évoluent pour le bénéfice de la communauté.
Si les intervenants concernés travaillaient ensemble à l’amélioration des systèmes de régimes fonciers, il serait alors possible de réduire la fréquence des cas d’accaparement des terres.
* Mme Sapp a fondé PANGEA en 2008 afin de promouvoir les investissements dans la bioénergie durable en Afrique, grâce au transfert de technologies, en renforçant le secteur privé et en garantissant un investissement responsable. Parmi ses nombreuses activités, PANGEA travaille au développement de données et de supports connaissances afin de soutenir l’essor de l’industrie africaine de la bioénergie. http://pangealink.org/









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